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L'IA en entreprise : et si le vrai frein n'était pas technologique, mais humain ?

Photo du rédacteur: CAROLE CHABALIER
CAROLE CHABALIER
6 sept.
2 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 5 heures



Depuis 18 mois, la même scène se rejoue dans les CODIR que j'accompagne.


On parle d'IA, d'outils, de cas d'usage, de gains de productivité.

On construit une feuille de route.


Quelques mois plus tard, l'adoption reste beaucoup plus lente qu'espéré.


Parce que cette feuille de route, même bien construite, ne répond qu'à une partie du problème.


Car quand une organisation introduit l'IA, chacun se pose, plus ou moins consciemment, une question très simple :


« Est-ce que cet outil va m'aider à mieux faire mon travail… ou rendre une partie de ce que je fais moins utile ? »


C'est un questionnement silencieux, qui ne se dit pas en réunion.


Sur le terrain, on constate une adoption prudente, un enthousiasme qui retombe, chacun qui attend que l'autre avance, des « je n'ai pas encore eu le temps de m'y mettre ».


Il n'y a pas toujours que de la peur derrière ces hésitations : il peut aussi manquer du temps, un cadre clair ou des cas d'usage suffisamment concrets.


Mais il serait naïf de croire que chacun ne s'interroge pas aussi sur sa propre valeur professionnelle.


Et là se joue un paradoxe :


Quand la direction présente l'IA sous l'angle de la productivité, elle croit mettre en avant une opportunité.


Mais le message peut s'entendre autrement :


« Si nous produisons plus en moins de temps, aurons-nous encore besoin d'autant de personnes ? »


On cherche à donner envie d'utiliser l'IA en vantant son efficacité… et on peut, dans le même mouvement, renforcer l'inquiétude qui freine son adoption.


L'IA transforme aussi ce qui fait la valeur du travail : moins d'exécution, davantage de discernement, de jugement, de responsabilité dans la décision et plus encore de qualité dans la relation aux autres.


Autrement dit, un sujet de management, pas seulement de technologie.


Les réticences des équipes ne sont pas forcément des résistances : elles expriment souvent ce qui n'est pas encore compris, ce qui inquiète ou ce dont chacun a besoin pour avancer.


Ces réticences ont aussi un coût caché : du temps perdu, une adoption ralentie, de l'énergie managériale mobilisée, des décisions retardées. Un coût rarement anticipé et encore moins budgété, lorsque le CODIR engage la transformation.


Alors, avant de nous demander quels outils déployer, une autre question mérite d'être posée :


Avons-nous vraiment pris le temps d'écouter comment les femmes et les hommes de l'organisation vivent ces transformations ?


Car une inquiétude qu'on ne met pas en mots ne disparaît pas : elle influence les comportements, l'engagement et les décisions.


Une transformation ne réussit pas seulement parce que la stratégie est juste ou les outils performants. Elle réussit lorsque celles et ceux qui font vivre l'organisation peuvent la comprendre, y trouver leur place et en devenir acteurs.


C'est là que commence, pour moi, le véritable accompagnement du changement durable.


Envie d’en parler pour votre situation ?



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